Cette carte est complétée par la transcription de la monographie de la commune et paroisse de Châtellenot extraite du manuscrit de l’abbé Denizot rédigé à la fin du XIXe siècle.

Lieu-dit (Orthographe du cadastre pour les lieux non référencés par Google map)
Lieu-dit disparu (Aucun bâtiment lié – Position approximative)
Terrain, passage (Position approximative)
Calvaire, édifice religieux (Existant ou disparu)

Châtellenot : Commune, et Paroisse. — En latin Castellulum, Castelonetum, Cestellio, Castelletum : Castellum novum ? (Castelliunculum (au XIIIe Siècle)). En vieux français, Chastoillenot, Chatoillon, Châtaillum, Castellonet. Et probablement, plusieurs noms encore de Châtellenot, hâmeau de Terre-Fondrée. — Autrefois, du Bailliage et Subdélégation d’Arnay-le-Duc ; du diocèse d’Autun, archidiaconé de Flavigny, archiprêtré de Pouilly-en-Auxois. Aujourd’hui, du Département de La Côte-d’Or, arrondissement de Beaune, Canton de Pouilly-en-Auxois ; du Diocèse de Dijon. — A 50 kilomètres de Dijon ; 44 de Beaune ; 7 de Pouilly ; 13 d’Arnay. (de la Gare d’Essey (Ligne d’Epinac aux Laumes))
On a trouvé beaucoup de médailles, notamment de Magnence, de Constantin, de Tréticus ; des armes, des tombeaux ; etc… Sur la hauteur il y avait un château (castellum) bâti par les romains mêmes. Et c’est ce château qui a donné lieu au village ; car sans cette raison on n’aurait jamais construit des habitations sur cette montagne d’un accès peu facile. Mais quand a-t-il disparu, et à quelle époque celui qui l’a remplacé a-t-il été construit ? Probablement dès le commencement du Moyen-Age. Toutefois ce n’est qu’au XIIe siècle qu’on le voit apparaître dans l’histoire.
Hugues de Châtellenot, en 1138, donne des prés à l’abbaye de La Bussière. En 1187, Sybille, dame de Chailly, accorde aux religieux de la dite abbaye le droit de paturage sur le territoire de Châtellenot ; ce qui indique que outre les seigneurs du nom, il y en avait d’autres en partie, un peu comme partout. En 1223. Odot de Châtellenot, en 1223, reconnaît tenir du Duc Hugues la forteresse du Vau-Magny, que possède Hugues de la Tour, son vassal. Guillaume de Châtellenot choisit, en 1229, sa sépulture à La Bussière, près de Guy, son père, et donne aux Frères la moitié de de la dîme de Mimeure et de Thoreille. Vers 1250, Jean de Châtellenot, et sa femme Maalons. En 1307, Etienne de Mont-S.t-Jean donne, pour pleige de sa promesse de 2,000 liv. au duc, Guillaume seignior de Chastellenot. En 1352 Marguerite de Châtellenot lègue 40 florins d’or pour sa sépulture à La Bussière. En 1365 Girard de la Tour est seigneur en partie. (Et en même temps y possèdent des fiefs, Perrin de Colombier, et Guillaume de Rouvray).
— Et d’autres encore y ont plus ou moins, plus tard, Comme Guichard de Chissey en 1503.
Et je ne trouve plus la suite des seigneurs en ces siècles-ci.
En 1608 Melchior Descrots, baron d’Uchon en partie, reprend de fief de la seigneurie de Châtellenot qui lui a été rétrocédé comme mari de damoiselle Françoise Androt par Joachim de Damas, baron du Rousset, qui l’avait acquise d’autorité de la Cour. — En 1693, Pierre de La Loge reprit de fief de Simon de Villers-la Faye, abbé de S.t Thibaut, seigneur de Châtellenot. Son petit-fils, M. Le Belin possédait vers 1780, avant la Révolution.
Notre village tire son nom de son château. Il y en a eu un de très-grande ancienneté. Dans les siècles éloignés il ne devait pas être important, car le nom même l’indique. (Petit château, petit réellement, ou relativement par rapport à ceux de Mont-S.t-Jean et de Châteauneuf ; voisins.) Cependant il n’était pas sans mérite d’après ce qu’en dit Courtépée à la fin du siècle dernier. Voici :

Pierre de la Loge a rebâti le château à la moderne sur son éminence. En démolissant le vieux donjon on a reconnu qu’il avait été attaqué avant l’usage des armes à feu. On a trouvé dans les décombrements plusieurs dards et flèches d’arbalettes, tout rouillés, des squelettes presqu’entiers dans des tombeaux du charbon et du grain brûlé.

Dans la cour est un puits percé dans le roc, qui donne de très-bonne eau, ayant plus de 160 pieds de profondeur. Un vieux fossé taillé dans la roche, entoure une belle esplanade ornée de plus de 100 pieds d’arbres plantés régulièrement ; elle peut avoir 500 pas de circuit et offre une promenade très-agréable, d’où l’on a une des plus belles vues de la province.

A présent voici ce qu’en disent M. Garnier, notre archiviste, et différents touristes :

Château à moitié démoli. Il n’y en a plus que quelques restes des XVIe et XVIIe siècles…

— Châtellenot est une ancienne paroisse ; vocable S.t Pierre ; du patronage autrefois du prieur du Feste. Eglise propre ; bel autel à la romaine, fait remarquer Courtépée ; petite, disons-nous à notre tour, peu intéressante ; nombreuses réparations notamment du XVIe siècle. Elle est dans le voisinage du château. — Sur le cimetière il y a eu, jusqu’à notre siècle, une chapelle de S.t Aubin, que l’on croit avoir été l’église paroissiale dans le principe.
On ne peut pas ne pas citer parmi les curés de Châtellenot Antoine Thibaut, qui, pendant la Révolution, s’exila un instant, puis revint dans les parages du Beaunois et de l’Auxois pour exercer le saint ministère à la manière des missionnaires dans les pays barbares. Lorsque l’épouvantable orage fut passé, il fut nommé curé de Châtellenot, et il continua de se prodiguer dans toute la région, la plupart des curés ayant succombé au milieu des persécutions de tous genres. On l’appelait, ainsi que M. Couturier, l’evêque de la Montagne, et on le vénérait en effet à l’égal d’un pontife. En même temps il travaillait à former des élèves pour le sanctuaire lorsqu’il mourut à la besogne en 1825.
Beaucoup de prêtres sont sortis de Châtellenot, notamment les Bauzon, dont un supérieur du Grand-Séminaire.

(Châtellenot). 2.
— La population était, — en 1397 de dix-huit feux (dont 12 serfs) ; — vers 1775, de vingt-huit feux, (300 communiants) ; — non compris les écarts. (Encore en 1789 le village était de main-morte. Il n’y en avait presque plus alors.) Vers 1850, les écarts compris, on comptait cinq cent-trente âmes ; aujourd’hui, en 1897, il n’y en a plus que trois cent-quatre-vingt-dix.
De notre siècle, il y a une Ecole de filles tenue par des sœurs de Providence de Vitteaux.
— Les Ecarts ou Dépendances quelconques sont :
1° — Mouillon ; (Moillon) ; hameau, à un peu plus d’un kilom., au S.-E.. On le trouve cité en 1329 dans les titres du prieuré d’Arnay. En 1397 seize feux serfs ; vers 1775, même nombre. Vers 1730 appartenait à Madame de Villers-la Faye, dame d’Allerey, et du Rousset. — On a toujours cité les prés de Mouillon comme excellents, et les terres de bon rapport. Sur l’étang, qui a été desséché vers 1770, on voyait, en hyver, beaucoup d’oiseaux et quelquefois des cygnes.
2° — Dionne (Dyenne) ; hameau à un peu plus de deux kilom., au Nord. En 1397 trois feux, serfs ; vers 1775, seize. Aux siècles passés, alternativement des deux paroisse de Chatellenot et de Chailly. – Une chapelle de S.t Antoine.
(— Un moulin-à vent, disparu).
— Le territoire en montagnes, appartient géologiquement au terrain du Lias. Le village même est dans un endroit tout à fait accidenté et pittoresque. Point de bois. Quelques prés. Tout à peu près en terres labourables. On peut dire point d’eau, si ce n’est quelques fontaines isolées qui ne forment pas même des petits ruisseaux. Toutefois leur pente est, comme à Meilly, vers trois versants ou bassins différents.