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Conte de l’Avent : Les deux sapins de Sainte-Aurélie

Peut-être trouvez-vous mes légendes bien sombres,
Et mes pleurs éternels moins touchants qu’ennuyeux :
De vous plaire pourtant je suis très-soucieux ;
Je vais donc, pour jeter un rayon dans ces ombres,
Essayer d’un sujet un peu moins ténébreux.

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Cadastre napoléonien : Lieux-dits de Lussac-les-Châteaux

Cette carte est complétée par la transcription des trois articles parus dans les Affiches du Poitou en 1775.

Étang
Lieu-dit (Orthographe du cadastre pour les lieux non référencés par Google map)
Lieu-dit disparu (Aucun bâtiment lié – Position approximative)
Terrain, passage (Position approximative)

 

AFFICHES DU POITOU Du Jeûdi 19 Octobre 1775.
Notice sur la ville de Lussac-les-Châteaux.

Lussac, ou Leuzac, est une Ville très-anciene, avec titre de Marquisat, apartenant à l’illustre Maison de Mortemart. Elle est à six lieues de Poitiers, autant du Dorat d’où elle releve, & à deux de Mont-Morillon d’où elle relevoit il y a 30 ans. (On peut relever ici une erreur du Dictionnaire Géographique Portatif de Vosgien, nouv. Edit. pag. 323, qui place une Justice Royale à Lussac, & fait passer la Riviere de Vienne à Lusignan.) Lussac est situé sur une petite montagne éloignée de la Vienne d’environ un quart de lieue. Le nouveau grand chemin de Poitiers à Limoges y passe. Il y a des Auberges où on est assez commodément logé. On y compte environ deux cens feux. Son territoire est assez fertile en blés : mais les bras y manquent, ainsi que le ressort qui les fait mouvoir. Il y a aussi des bois, des pâturages & plusieurs étangs. A un grand quart de lieue de cette ville, en allant vers Mont-Morillon, ont voit une espece de goufre sortant de dessous un rocher. Il forme dés sa source un ruisseau assez considérable, qui, passant au dessous de Lussac, fait tourner six moulins à blés, deux à foulon, & un à broyer de l’écorce, & se décharge ensuite dans la Vienne à un quart de lieue au dessous. Il se tient à Lussac sept foires par an ; les plus considérables sont celles du Mercredi des Rogations, de la Magdeleine, de la St Louis, & de la St Michel. Les Limousins y conduisent de jeunes bœufs propres pour la charue, & y achetent de vieux qu’ils font engraisser. Lorsque le commerce des bestiaux est en vigueur, il y a de ces foires auxquelles il se vend, de trois à quatre cent paires de bœufs. On y trouve également quantité de chevaux, mulets, cochons, moutons, laine, &c. (La suite à l’Ordinaire prochain.)

AFFICHES DU POITOU Du Jeûdi 26 Octobre 1775.
Suitte de la Notice sur la ville de Lussac-les-Châteaux.

L’Eglise paroissiale sous l’invocation de St-Maixant, & le Prieuré sous celle de la Magdeleine, sont à la nomination de l’Abbé de St Savin. L’Eglise de la Magdeleine, ainsi qu’une autre qui est sous l’invocation de St Michel, ont été détruites dans les dernières guerre civiles ; il n’en reste aujourd’hui que quelques masures. Lussac a aujourd’hui le surnom de les Châteaux, sans doute parce qu’on y voyoit encore, il y a quelques années, les restes de deux Châteaux, dont l’un paroissoit très-ancien & l’autre moderne. Il n’en existe aujourd’hui que quelques vestiges, M. le Duc de Mortemart, le dernier mort, en ayant fait enlever les matériaux pour bâtir son beau Château de Verriere, qui est à deux lieues de Lusac & à quatre de Poitiers, & auprès duquel passe le grand chemin nouveau de Poitiers à Limoges. Verriere est un fort petit bourg ; cependant il y a de très-bons marchés tous les Lundis, où les aprovisioneurs de Poitiers ne manquent gueres de se trouver, parce qu’il s’y vend de la volaille, du gibier, &c. Il s’y tient aussi quatre foires par an, marquées dans l’Almanach de la Province. Il y a une forge à fer, renomée & très-occupée, à laquelle les forêts de Verriere & de Lussac fournissent le bois nécessaire. (Le reste à l’Ordinaire prochain.)

AFFICHES DU POITOU Du Jeûdi 2 Novembre 1775
Fin de la Notice sur Lussac-les-Châteaux.

A un quart de lieue de Lussac, au-delà de la Vienne, sur la rive gauche de cette riviere, on voit un tombeau, au pied d’une croix, soutenu par quatre piliers ; il est en forme de sarcophage, arche ou chevalet, sur lequel ont aperçoit un casque, une lance, une corselet, une cuirasse, des cuissards, en un mot toute l’armure des anciens Chevaliers. Il est auprès d’un petit village appelé encore aujourd’hui le Pont de Lussac, parce que c’étoit dans cet endroit qu’étoit construit le pont. C’est sous ce tombeau que reposent les cendres du fameux Général Anglois Jean Chandos, qui fut tué en 1369, dans une rencontre au pont de Lussac, suivant nos Historiens, par un Ecuyer François, nommé Jacques de St Martin. C’est ce Chandos qui avoit été cause de la prise du Roi Jean à la trop mémorable journée de Maupertuis, ou Bataille de Poitiers, le 19 Septembre 1356. C’est lui qui fit prisonier en Bretagne, en 1364, le brave Connétable Bertrand Duguesclin, & qui eut la générosité de lui donner tout l’argent qu’il avoit pour l’aider à payer la rançon que lui demandait le Prince de Galles. C’est encore lui, que le Roi d’Angleterre, Edouard III, fit Lieutenant Général de toutes les terres qu’il possédoit hors de l’Angleterre, & Connétable de son fils le Prince de Galles, lorsqu’il érigea le Duché d’Aquitaine en Principauté en faveur de ce Prince. Chandos fut, de l’aveu de tous les Historiens, non seulement un grand homme de guerre, mais encore un sage Ministre, ennemi des impôts excessifs, & dont les conseils modérés, auroient empêché la guerre, si son maître avoit voulu les suivre.

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