Le lieu d’Automne est encore de nos jours sur la commune de Chambry (Seine & Marne) à la limite de Penchard. J’avais découvert, l’an passé, que plusieurs membres de ma famille y avaient vécu avant mes grand-parents et arrière-grand-parents, et c’est tout récemment que j’ai retrouvé le décès d’une de mes ancêtres en ce même lieu au début du XIXe siècle ! Sur certaines périodes, les listes de recensement font état d’un nombre conséquent d’habitants, laissant à penser que les activités de cette ferme étaient plutôt florissantes et probablement orientées vers la viticulture.

Je compléterai donc cet article relatif à cet ancien fief seigneurial au fil de mes découvertes. Certaines incohérences me laissent encore beaucoup d’interrogations .

Ferme d'Automne

Chronologie bibliographique du lieu

Extrait de : « Dictionnaire topographique des environs de Paris » – Charles Oudiette, 1812

CHAMBRY, village, département de Seine et Marne, arrondis. et canton de Meaux, ci-devant province de l’Ile de France, et diocèse de Meaux. Sa population est d’environ 800 habitans, y compris les hameaux de Mansigny et d’Automne, qui sont dans ses dépendances, ainsi que la ferme de Dampléger.
Il y a à Automne une maison de campagne, ci-devant seigneuriale, dont madame Decan est propriétaire […]

1822

Acte de décès de Marie Elisabeth GOURLET

Acte de décès de Marie Elisabeth GOURLET

Extrait de : « Histoire topographique, politique, physique et statistique du département de Seine-et-Marne » – E H Félix Pascal, 1836

Le village de Chambry est situé dans un vallon peu profond où coule un ruisseau qui prend sa source dans les environs et va se jeter dans le canal de l’Ourcq, vis-à-vis de Poincy ; à une demi-lieue de la rive droite du canal, entre la route de Meaux à la Ferté-Milon et celle de Meaux à Senlis, à un quart de lieue de l’une et de l’autre.
Il paraît que, dans le XVIIIe siècle, les dames du monastère de Fontaine possédèrent un fief dans cette paroisse. Les seigneurs de Trèmes et l’ordre de Malte en eurent aussi chacun un ; mais ce dernier ordre avait le droit de haute, moyenne et basse justice. Un article de la coutume de Meaux, rédigée en 1509, prescrivait une disposition particulière pour cette commune ; c’est qu’il n’était dû ni lots ni ventes, s’il y avait des arbres portant fruits dans l’héritage vendu.
La paroisse de Crégy fit partie de celle de Chambry jusqu’en 1667, qu’elle en fut séparée comme nous l’avons dit dans le précédent article.
Le village de Chambry offre deux écarts à l’ouest : ce sont Automne et Mansigny. Le premier qui est un ancien fief, est placé au sommet d’un monticule qui borde la route de Meaux à Senlis ; le second est dans la plaine entre ce monticule et le chef-lieu de la commune. Un autre hameau, dit de Dampleger ou Dampleyer, est situé au sud-est, au fond du vallon où coule le ruisseau qui, venant de Chambry, va se jeter dans le canal de l’Ourcq, et près de la route de Meaux à la Ferté-Milon.
La population de Chambry est de 700 âmes ; son territoire est en terres labourables : on y trouve aussi quelques vignes et un peu de bois. Il est situé à une lieue et demie au nord de Meaux, et à 14 lieues nord de Melun.

 

Recensement Automne 1836

Recensement Automne 1836

Extrait de : « ESSAIS HISTORIQUES ET STATISTIQUES SUR LE DÉPARTEMENT DE SEINE ET MARNE » – A.C. Michelin, 1841

CHAMBRY, Chambriacum, patronne, la Sainte-Vierge (Assomption) ; autrefois (1771) paroisse de l’archidiaconé de France ; doyenné d’Acy ; collateur, l’évêque de Meaux ; seigneur, M. Auger, baron de Monthion ; décimateurs, le chapitre de la cathédrale de Meaux pour la moitié, les dames de Fontaines pour un quart, et le curé pour l’autre ; 170 feux ; 500 communians (aujourd’hui 973 habitants) ; généralité de Paris ; bailliage, coutume, élection, subdélégation et grenier à sel de Meaux.
Ce village est à une lieue de la Marne, un quart de lieue du grand chemin de Meaux à La Ferté Milon et même distance du grand chemin de Meaux à Senlis.
Il y avait trois fiefs : un au grand prieur ; un au duc de Tresmes ; et un aux dames de Fontaines. Le grand prieur et les commandeurs de Malthe y avoient haute, moyenne et basse justice sur leurs fiefs.
La justice de cette paroisse appartenoit au seigneur, les premières causes à Monthion, et les appels au bailliage de Meaux.
Le 23 Mai 1587, un pauvre homme du village de Chambry, nommé Jacques Coffin, fut tué par sa femme et son fils âgé de vingt-deux ans, parce qu’il ne vouloit pas vendre un héritage qu’il avoit pour les nourir. Ils l’enterrèrent dans le cellier de la maison. Les circonstance de ce meurtre sont affreuses. Tandis que Coffin étoit dans son lit, sa femme, munie d’un battoir à lessive, lui en déchargea un coup sur la tête. Coffin en fut étourdi, fit des efforts pour se lever, en criant au meurtre : mais sa femme et son fils se jetèrent sur lui, le renversèrent à terre, et son malheureux fils s’étant emparé du couteau de son père, lui en donna trois coups dans la gorge qu’il lui coupa ensuite. Le lendemain, ce crime atroce fut découvert. Ils furent arrêtés, et par sentence du prévôt dudit Chambry, du premier juin suivant, la femme fut condamnée à être brûlée vive, et le fils à être rompu et exposé sur la roue. Cette sentence fut confirmée par la cour, et exécutée le 18 dudit mois de juin.
Il y avoit 8 fermes, 18 charrues ; terre à bled et des vignes.
Dans le village, une ferme à M. Pinta (Stanislas); c’est celle qui, précédemment, appartenoit aux dames de Fontaines.
Trois hameaux : Autonne, dans lequel une maison de campagne du même nom, ancien fief seigneurial, appartient à M. Darleux (Alexandre) ; Monsigny, dans lequel une ferme du même nom appartient aux héritiers Langlois ; et la ferme dite Dampléger, appartenant à l’hospice de Meaux. Le moulin à vent de Chambry appartient à M. Josset.

Extrait de : « Journal des débats politiques et littéraires – Lundi 24 Mars 1851 »

Annonce vente Château d'Automne

MAISON BOURGEOISE PRÈS MEAUX. A vendre à l’amiable, à 4 kilomètres de Meaux (Seine-et-Marne), une grande et belle MAISON BOURGEOISE élevée de deux étages, dans lesquels arrive de l’eau vive, mansardes au-dessus, granges et étables, cour, petite pièce d’eau devant la maison, jardin potager, parc attenant couvert de bois de futaie, de taillis et de pré-verger, Le tout de la contenance d’environ 4 hectares. S’adresser, pour voir la propriété, à M. Bailly, propriétaire à Automne, commune de Chambry, près Meaux, qui l’habite; et pour les renseignemens, à Me Courtier, notaire à Meaux, rue Tronchon, 9.

Extrait de : « Bulletin de la Société d’archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne » – 1869

NOTICE SUR LES CARRIÈRES A PLÂTRE DE MONTHYON, Canton de Dammartin, arrondissement de Meaux, par M. L’ABBÉ BECHERET, Membre titulaire (Section de Meaux)

[…]Déjà en 1837, un fossile très-intéressant avait été découvert dans la même carrière. La tête de l’animal avait beaucoup d’analogie avec celle d’un bélier, seulement elle avait le double de grosseur. M. Tocu m’a dit que cette tête était actuellement au cabinet d’Histoire naturelle à Paris. Elle avait été donnée à M. Darlu, propriétaire alors du château d’Automne (près Penchard), parent de M. de Blainville, savant naturaliste.[…]

Extrait de : « Les armées françaises dans la Grande guerre. Tome premier » – Imprimerie nationale (Paris), 1922-1934

Annexe n° 2477.

VIe Armée – 45e Division – ÉTAT-MAJOR – 1er Bureau – N° 215 Op.
Q. G. Penchard, le 9 Septembre 1914
Le général Drude commandant la 45e division algérienne à MM. le général commandant la brigade marocaine, le chef de bataillon cdt le 123e bataillon territorial, le capitaine commandant la cie du génie.
Note de service.
Afin d’assurer l’inviolabilité de la droite de la VIe armée, un repli éventuel sera organisé sur la ligne grand’route de St-Soupplets à Penchard, avancées des villages de Penchard, Crégy.
Seront employés au tracé et à l’exécution des travaux :
la compagnie du génie divisionnaire,
2 cies du 123e régiment territorial (service des étapes),
2 cies chasseurs marocains.
La cie du génie fera le tracé cette nuit.
Les 2 cies territoriales seront rendues demain 10 septembre, à 4 heures, sur la grand’route de Saint-Soupplets à Penchard, à hauteur de la ferme l’Automne.
Les 2 cies marocaines à la sortie de Penchard sur Chambry même heure.
Le capitaine commandant la cie du génie dirigera les travaux et répartira les travailleurs entre les 4 points d’appui dont la création est décidée.
Outils. — Les cies territoriales fourniront leurs outils.
Les cies marocaines devront être munies de tous les outils de parc disponibles à la brigade marocaine.
P.O. : Le chef d’état-major, DOUCE.

1914 - Tranchées à Chambry en Seine-et-Marne (Photographie de presse : Agence Rol)

1914 – Tranchées à Chambry en Seine-et-Marne (Photographie de presse : Agence Rol)

EXTRAIT DE : « Lettre adressée le 15 septembre 1915 par le Ministre de la Guerre à M. le Ministre des Affaires étrangères : en réponse aux allégations produites dans le Livre blanc allemand » – impr. du Service géographique de l’armée (Paris)

Annexes 120, 121, 122.

Le Gouvernement allemand a publié sous ces rubriques les dépositions du médecin de réserve Dr WISZNER, du pharmacien de réserve JUNGHANNS, du lieutenant HILGERS, du médecin auxiliaire de réserve KÜNSTLER et du médecin-major KASTNER, dans le but d’établir que la compagnie sanitaire de réserve n° 11 installée le 5 septembre 1914 au château d’Automne près Penchard (Seine-et-Marne) aurait eu gravement à se plaindre de la Division française qui l’avait faite prisonnière.
Cette ambulance, suivant les témoignages ci-dessus, aurait été laissée dans le dénuement le plus complet ; il ne lui aurait été fourni que des vivres en quantité insuffisante, avariés du reste et presque immangeables. De plus, elle aurait été, de la part des troupes marocaines, l’objet d’une agression qui aurait coûté la vie à cinq brancardiers.
La fausseté de ces déclarations est démontrée par l’enquête à laquelle j’ai fait procéder. Il résulte, en effet, de la déposition sous serment du Général DRUDE, commandant la Division en question, que si l’ambulance allemande n’a pas tout d’abord été approvisionnée par l’Armée française, la raison en est que le château d’Automne se trouvait dans la zone des opérations militaires et même sur le champ de bataille que les troupes se disputaient pied à pied depuis plusieurs jours. Dès que le terrain a été définitivement conquis, l’autorité militaire française a assuré le ravitaillement de l’ambulance en pain, en viande, en café et en eau dans la mesure compatible avec les nécessités de la guerre. Le pain qui, suivant les témoignages allemands, aurait été moisi et impropre à la nourriture des hommes, a été cependant trouvé de bonne qualité par le major VON PRITZELWITZ dont la déposition sera analysée ci-après. Si des vivres ont été procurés en quantité insuffisante peut-être pour les 600 hommes que contenait l’ambulance, cela tient à ce fait que le lieutenant HILGERS avait dissimulé le chiffre réel des hommes valides abrités dans la formation sanitaire et n’avait avoué qu’un nombre de 100 blessés et de 150 infirmiers.
Suivant les témoignages entendus dans l’enquête française, le docteur WISZNER et le lieutenant HILGERS se sont montrés très touchés des soins, des attentions même que le Général DRUDE leur avait témoignés et ils ont annoncé leur projet de lui exprimer au nom de leurs camarades et des blessés toute leur reconnaissance dans une lettre qui du reste ne semble pas être parvenue à son adresse.
Leur volonté formelle à cet égard résulte tant des dépositions des officiers français et de la déclaration du VON PRITZELWITZ du 11e bataillon de chasseurs (Marbourg) actuellement au dépôt de prisonniers du fort de Châteauneuf, que de cette circonstance que le brouillon de cette lettre a été retrouvé écrit au crayon au dos même de la photographie de M. le député Charles BENOIST, propriétaire du château d’Automne. Ce brouillon dont ci-joint une reproduction photographique et la traduction démontre d’une façon péremptoire l’inanité des griefs formulés dans le Livre blanc et atteste les sentiments de profonde reconnaissance et de respectueuse admiration que professaient alors à l’égard du Général DRUDE les médecins et le personnel de la formation sanitaire de réserve n° 11.
Le major VON PRITZELWITZ fait également pleine et entière justice de l’accusation portée contre l’Armée française d’avoir assailli l’ambulance protégée par le pavillon de la Croix de Genève. L’officier allemand explique comment les troupes marocaines passant devant la porte d’entrée du château ont aperçu les blessés allemands en uniforme qui, groupés sur la pelouse, « pouvaient être pris pour une compagnie au repos ». A cette vue les Français ont ouvert le feu et 25 coups de fusil environ ont été tirés à travers la porte d’entrée du château, avant que des blessés sénégalais couchés sur la pelouse aient pu intervenir.
Le major VON PRITZELWITZ reconnaît que le drapeau de la Croix-Rouge arboré sur la cheminée du château ne pouvait être vu des troupes françaises sortant du bois et que le fanion placé à la porte d’entrée a bien « pu ne pas être aperçu par les assaillants ».
La déposition du major lave enfin les Français de toutes les accusations portées contre eux par les médecins et les officiers de l’ambulance allemande, notamment d’avoir molesté les prisonniers durant leur transfert vers l’intérieur.
Mais si l’enquête française justifie pleinement la conduite de nos troupes, elle révèle, par contre, des faits très graves à la charge de la formation sanitaire allemande. M. le Général DRUDE et les officiers de son état-major attestent, en effet, qu’à plusieurs reprises des coups de feu ont été tirés soit sur eux-mêmes, soit sur les troupes françaises, par des hommes embusqués dans l’ambulance ou dans les bois environnants. L’un d’eux ayant le brassard de neutralité a été arrêté et trouvé porteur de jumelles et de fanions de signaleur.
De plus, de nombreux blessés français ont été relevés sur le champ de bataille la tête écrasée à coups de crosse ou le corps transpercé de coups de baïonnette, alors qu’ils portaient des pansements révélant l’existence de blessures antérieures.
Le Gouvernement allemand est donc bien audacieux d’oser formuler contre nos troupes des accusations mensongères, alors que ses propres soldats se rendent coupables d’actes de déloyauté et de cruauté aussi contraires au droit qu’au plus élémentaire sentiment de l’honneur.
Je vous adresse ci-joint la copie des dépositions du Général DRUDE et d’un officier de son état-major, ainsi que celle du major VON PRITZELWITZ, avec une photographie de la lettre destinée au Général DRUDE, accompagnée de son texte reconstitué et de sa traduction.
A. MILLERAND

Anniversaire de la Marne, Chambry, 8 septembre 1918 stèle "A la mémoire des soldats de l'armée de Paris" monument dit des quatre-routes (Photographie de presse : Agence Rol)

Anniversaire de la Marne, Chambry, 8 septembre 1918 stèle « A la mémoire des soldats de l’armée de Paris » monument dit des quatre-routes (Photographie de presse : Agence Rol)

Extrait de : « La Bellevilloise : Une page de l’histoire de la coopération et mouvement ouvrier français  » – creaphis editions, 2001

La colonie de vacances du Château d’Automne

En 1920, la Commission des œuvres sociales acquiert, pour la somme de 75 000 F que La Bellevilloise lui avance, « cinq hectares de bois, terres, verger et potager, un corps de bâtiment d’habitation très important et d’autres bâtiments utilisés pour le logement du personnel, et l’abri des animaux de basse-cour et autres ». La propriété, sise à Chambry, près de Meaux (Seine-et-Marne), porte le joli nom de Château d’Automne : c’est en fait une grande bâtisse, séparée de la route par une longue allée d’une centaine de mètres, qui a été occupée par les Allemands pendant la guerre et qui est alors dans un état de délabrement lamentable ; mais la patronage de La Bellevilloise obtient de pouvoir en disposer, moyennant la charge de la restaurer par ses propres moyens.

« L’acquisition du château d’Automne [fut] parmi tous, jeunes et vieux coopérateurs, une grande satisfaction, un grand plaisir d’avoir à « nous » pour « nos » gosses, une propriété magnifique de plus de 5 hectares, avec son parc et son potager. Là au mois, les vacances de nos petits seront douces et reconstituantes pour leurs jeunes poumons.»

Le Château d’Automne a donc pour mission d’accueillir « les enfants et aussi les adultes bellevillois, fatigués ou convalescents, ayant besoin de repos et d’air pur». Il est inauguré le 15 mai 1921, mais, dès l’été 1920, une soixantaine d’enfants (la « colonie des Bellevillois ») y séjournent ; de mai à septembre 1921, il accueille 308 personnes, qui totalisent 694 journées de séjour, sans compter 70 enfants envoyés dans le patronage. En 1923, 20 enfants, 48 en 1924, puis 44 en 1927, profiteront eux aussi du Château d’Automne.
Le coût du séjour par semaine est modéré : en 1927, par exemple, 140 F pour une personne, 246 F pour deux personnes occupant la même chambre, 357 F pour trois personnes, 448 F pour quatre ; le droit d’inscription est de 5 F par personne et par séjour (un droit supplémentaire de 10 F est prévu pour les coopérateurs n’ayant pas une consommation de 1 000 F dans l’année). Les colons doivent apporter draps, linge et oreiller. Le coût du voyage est en sus (8 F 40 en 3e classe pour l’aller).
Pour élargir encore le cercle des bénéficiaires potentiels de la colonie, on a recours à la générosité des coopérateurs et des appels à souscription paraissent dans les journaux ; ainsi, en 1926 :

« […] Aux dernières vacances, 77 enfants, dont 16 petits nécessiteux, ont bénéficié de la solidarité partielle : quatre orphelins ont été hébergés gratuitement, et pour les autres, l’on ne demandait qu’une somme de 5 à 7 francs ; on peut là se rendre compte de l’effort fait par le patronage et les O.S. [œuvres sociales], mais il faut que l’année prochaine l’effort soit plus grand encore : il faut qu’un plus grand nombre d’enfants puisse bénéficier de cette caisse de solidarité. Pour pouvoir faire cela, camarades, il faut apporter de l’eau au moulin, il faut grossir la caisse du château d’Automne.
C’est pourquoi, profitant de la semaine de la coopération, afin que le plus grand nombre puisse y participer, les O.S. organisent une grande souscription au bénéfice de l’œuvre. Comme il vous est demandé plus haut, toutes, tous doivent aider les O.S. La Bellevilloise, la première, devait faire un effort, elle l’a fait, elle a bien fait. Plus de 50 000 billets ont été achetés par elle, qui seront diffusés parmi les acheteurs et les déposants ; par cette diffucion grandiose, La Bellevilloise fera connaître à ceux qui ne la connaissent pas, l’œuvre de l’enfance. Elle permet aussi, en réalisant cet achat, à la caisse de solidarité, la réussite complète de la souscription lancée. Coopérateurs, amis et clients, faites un effort à votre tour, faites vos achats, tous vos achats à votre coopérative, déposez dans ses caisses d’économie toutes vos épargnes ; ainsi tout en courant de grandes chances de gagner un lot superbe, vous ferez, selon la mesure de vos moyens, œuvre de solidarité révolutionnaire.
[…] Pour sauver nos petits, guettés par la tuberculose — Pour procurer du bon air, du soleil et de la joie à nos enfants participez toutes et tous à notre grande souscription au bénéfice de la caisse de la Colonie enfantine du Château d’Automne. Prix du billet : 0 fr 25. »

En ce qui concerne la gestion du domaine et de la colonie, elle est souvent déficitaire, surtout à cause des aléas climatiques qui grèvent l’exploitation agricole, et aussi des travaux coûteux que nécessite la réfection des bâtiments. Dès 1922, la Commission des œuvres sociales envisage de céder la propriété à la Fédération des coopératives de la région parisienne, pour y créer un orphelinat coopératif, solution repoussée par le Cercle des coopérateurs. On supprime alors l’exploitation agricole, et, pour alléger encore les charges, on confie la gestion de la propriété − à titre bénévole − à un camarade de La Bellevilloise. Mais au début des années 1930, l’entretien du Château d’Automne devient trop lourd, et La Bellevilloise s’en débarrasse en le revendant, semble-t-il, à l’organisation communiste de jeunesse des Pionniers.

Extrait de : « Le Temps – Dimanche 06 Février 1921 »

Vente bois d'Automne

« Bois d’Automne » à Chambry et Barcy. M. à p. 9,000 fr.

Extrait de : « Le Petit Parisien – Mardi 19 Septembre 1933 »

Accident Pietrowski

Il s’agit du Polonais Joseph Pietrowski, vingt-neuf ans, gardien au château d’Automne, commune de Chambry, qui a déclaré s’être enfui complètement affolé par les responsabilités qu’il encourait.