Cette carte est complétée par la transcription de la monographie communale écrite à la fin du XIXe siècle par l’instituteur du village Durin.

Lieu-dit (Orthographe du cadastre pour les lieux non référencés par Google map)
Terrain, passage (Position approximative)

Commune de Chézy-en-Orxois

1. Situation astronomique de la commune. — Son étendue superficielle ; son territoire ; son terroir ; ses différentes divisions ; hameaux, fermes, écarts, dépendances, lieux-dits.

La commune de Chézy-en-Orxois est située à 0°50’12” de longitude Est, et à 49°7’2” de latitude Nord.
Son étendue superficielle est de 1621 hectares, dont 1590 ha., 02 a., 37 imposables.
Son territoire a sensiblement la forme d’un triangle dont la base, regardant l’Est, mesure 4 kilom., et dont la hauteur perpendiculaire, se dirigeant vers le N.-O., mesure 7 km, 750.
— Son périmètre est d’environ 20 km. Tout le côté Nord est limité par le rû d’Allant (orthographe du cadastre) sur une longueur de 7 km 1/2. Il est borné à l’Est par la commune de S.t Gengoulph ; au N.-E. par celle de Montron ; au Nord, par celles de Dampmard, de S.t Quentin-Louvry et de Marolles (Oise) ; au S.-O., encore par la commune de Marolles (Oise) ; au S.-O., encore par la commune de Marolles (Oise) et par celles de Montigny-l’Allier et de Brumetz.
Son terroir est fertile et bien cultivé.
Outre les chemins de Grande communication n.os 76 et 124, et de petite vicinalité n.os 2 et 3, l’exploitation agricole est facilitée par un réseau de 34 chemins ruraux de largeurs variables et d’une longueur totale de 28 km,6, et par 27 sentes mesurant ensemble 16 km, 250 de long, et dont les largeurs varient de 2m. à 0,ƒ50. Ces chemins ont été reconnus par délibération du conseil m.al du 24 fév. 1841 ; mais aucun document n’indique aux archives de la mairie que cette délibération ait reçu l’approbation préfectorale.
Les hameaux sont :
Vailly, (14 hab.), à 2 km. N-O du village, sur le chemin de petite vicinalité N°2 de Chézy à Louvry ;
La Briqueterie (10 hab.), à 2 km. Ouest du village et à 1/2 km. de Vailly ;
Louvry, (11 hab.), à 4 km.2 du village, limite N-0 du territoire, sur le rû d’Allant.
Il n’a qu’un écart, le Moulin-Neuf (4 hab.) moulin à 1 km.7 du village, limite Nord, sur le rû d’Allant et sur le chemin d’intérêt commun N°90.
Au total, 40 habitants dans les dépendances.
Le cadastre est divisé en 7 sections qui renferment 69 lieux-dits et 3053 parcelles.
Les principaux lieux-dits sont :
Le Fossé à Couilly ;
Le Champ hautain, à cause de sa hauteur ;
La Féronne ;
Le Sainfoin, à cause de la terre propre à cette plante ;
Le Buisson Madame, grosse épine blanche portant 1 m. 50 de circonférence, — existait déjà il y a 50 ans,
La Fosse Cordelle ou Le Fond de Russy ;
Il est écrit sur d’anciens mesurages Roussy, peut-être à cause des brouillards qui, se levant dans les marais de Gandelu, remontent dans cette colline et roussissent les plantes près de mûrir.
La Fosse S.t Laurent ;
La Croix Ouy, nom d’une croix ;
Les Hauts marais, terrain humide sur une hauteur.
Vilpolin (fontaine). Peut-être est-ce Poulain, à cause du pré qui entoure cette fontaine.
Le Bochet de la Marnotte. Il se trouve en cet endroit des briques, tuileaux, fondations, etc., ce qui ferait croire qu’il existait un hameau ou une ferme du nom de Marnotte ou marne qui se trouve près de là, et qu’il est resté un bosquet appelé dans le pays bochet.
Les Coqs Vannes ;
Les Vignes ;
La Fosse Moliebart ;
La Corvée ;
La Montagne des trois noyers ;
Horcheval, à cause du terrain en pente qui était cultivé sans chevaux ;
Le Succet
La Couturelle
Le Buya (fontaine) vient de boire.
La Pierrelevée, à cause des pierres ;
Le Moulin, moulin actuellement en ruine, était alimenté par le rû de Chézy ;
Rue des Ardilliers, du nom de Seigneurs du pays
Rue Cour Rabbot ;
Rue Montmusard ;
Rue de la Cour aux Moines, ferme ayant appartenu aux moines de S.t Arnould de Crépy seigneur de Chézy ;
Fontaine du Couvent ou Fontaine Rouge. Il paraîtrait qu’il y avait un couvent ayant appartenu aux templiers ou Moines rouges. On voit encore dans l’ancienne ferme de M. Flobert un escalier en briques de forme octogone dont les armoiries sur la porte sont, dit-on, celles des Templiers.
Les Closeaux, les Clos aux eaux, à cause des nombreuses sources qu’ils renferment ;
Rue aux Leups, ou loups ;
Rue du Gué, à cause d’un abreuvoir ;
Rue du Fourbisseur ;
Rue du Mont ;
Fosse aux Loups ;
Sente des Bourguignons ;
La Couture ;
Le Bois du Mont ;
La Toulotte, vient peut-être de houlotte, nom donné dans le pays à la hulotte, chouette ou chat-huant ;
Le Gravier ;
Le Bordeaux, probablement le bord de l’eau, étant sur le ruisseau de Vailly ;
Vailly, hameau dans une vallée ; de là son nom
La Fosse du Fusilier ;
La Grurie ;
Le Griblot ;
Le Petit Fossé ;
La briqueterie, hameau. Se trouvent près de là des tuileaux et des endroits où il semble que l’on ait tiré de la terre propre à la fabrication des briques et des tuiles ;
La Garenne Chatenier ;
La Bellotte ;
La Sente de l’Argentière ;
Le Clos Heurte-au-Pot ;
La Maladrerie, à cause d’une maladrerie, terre vendue par l’hospice de Château-Thierry. On en voit encore des fondations sur le bord du chemin de Gandelu à La Ferté-Milon ;
La Sente du Renard ;
Le Buisson Picat ;
Le Clos des Champs ;
La Minette ;
La Tournelle ;
Le Muid, probablement à cause de la bonne terre
La Marrette, terrain humide qui forme encore actuellement des mares ;
Le Fond de Cerfroid, probablement du chemin qui conduit à Cerfroid ;
Les Essarts Morel ;
La Grange aux Bois, ancienne ferme. Il se trouvait encore, il y a quarante ans, des murailles dans un bosquet appelé Bochet de la grange au Bois ;
Les Epeigniers, bois ;
Louvry, hameau, de Loup (?)
Rochefort, terrain rocheux ;
La Chapelle, anciennement Château de Louvry (?). L’on y voit encore des ruines qui ont au moins 2 m. de hauteur, l’emplacement d’un parc, des chemins pavés, etc.
La Houaillerie, terrain fangeux

2. Indiquer les noms successifs qu’aurait portés la commune.

Chézy-en-Orxois paraît être le plus ancien village des environs. Sa fondation serait antérieure aux invasions romaines, et, d’après Fertus, son nom viendrait de Casa, retraite souterraine.
Dans une charte de Jacques de Bazoche, (déc. 1227), Chézy-en-Orxois est appelé Chésiacum in Orceio.

3. Relief du sol : monts ou collines (indiquer à quel système on les rattache) ; plateaux et plaines.

Dans toute sa superficie, le sol présente des ondulations dont les pentes n’ont pas de directions biens définies. Toutefois les ruisseaux auxquels elles donnent naissance ont tous le rû d’Allant pour déversoir commun — La plus grande altitude se trouve au sur et près du village, au lieu-dit Le Buisson Picot.

4. Météorologie.

Le plateau sur lequel est situé Chézy-en-Orxois, dominant les collines environnantes, laisse accès dans toutes les directions à l’action des vents, qui y règnent parfois avec une certaine violence, mais y causent rarement des dégâts appréciables.
Une particularité météorologique est à remarquer à propos des orages : ceux qui viennent du S.-O., et c’est ce qui arrive le plus ordinairement, après s’être montrés menaçants, sont entraînés, pour un grand nombre les uns au N.-O. vers la forêt de Villers-Cotterêts, les autres au S.-E. vers la vallée de la Marne ; quelquefois ils se bifurquent et chaque partie de la nuée suit une des deux directions sus-énoncées. Dans ces occasions le pays se trouve ou préservé ou éloigné du centre de la perturbation, et ne reçoit qu’un contingent atténué de l’extrémité du météore. — Cette règle a des exceptions : fin d’août 1847, un orage ou plutôt une trombe venant du S.-O. de déversa en torrent sur le village ; la violence de la pluie fut telle qu’en moins de 20 minutes la partie centrale de la commune et la basse plaine du côté Nord furent en proie à une véritable inondation : les eaux charriaient dans les rues d’énormes troncs d’arbres, entraient dans les habitations, faisaient flotter les meubles, entraînaient des objets mobiliers, et soulevaient le dallage de l’église ; les moissons qui restaient dans la partie atteinte par les eaux furent submergées.
Le 15 juillet 1882, un nuage étroit chargé d’énormes grêlons, parti des environs de Meaux traversa rapidement Chézy et la partie O. et N. de son territoire sur une largeur d’environ 3 km. hachant les moissons, détruisant la récolte des arbres fruitiers, saccageant les potagers. De mémoire d’homme on n’avait vu pareille dévastation. Les quelques filons que l’on peut se rappeler ont causé si peu de dommages qu’il est inutile de les mentionner.
On parle bien de quelques cas de foudre, mais un seul est bien avéré : c’est celui qui en 7.bre 1858, frappa et ébranla un des clochetons surmontant la tour de l’église. Le fluide entra dans le clocher, suivit et fondit le fil de fer qui met en communication l’horloge avec une des cloches, continua de descendre le long des cordes humides qui à cette époque soutenaient les poids, entra dans l’église et en sortit par un carreau de fenêtre sans occasionner d’autres dégâts.

5. Géologie.

Le sol arable n’est pas homogène. L’argile et le calcaire en sont les éléments dominants. — Le centre du territoire est une terre franche avec un sous-sol généralement calcaire. — Vers le N.-O. et l’Ouest, la couche arable est argileuse avec un sous-sol argileux. — Le Sud, élevé, est une bonne terre franche. — Les extrémités Est et S.-E. présent un sol argilo-calcaire avec un sous-sol calcaire. — Au N.-E. on trouve un terrain silico-calcaire avec un sous-sol sablonneux.
— Enfin, le Nord, vers le rû d’Allant, est un sol sablonneux mélangé d’argile.

6. Hydrographie :
a Fleuves, rivières, ruisseaux : leur direction dans la commune
b Lieux où ces cours d’eau prennent leur source.
c Lieux où ils deviennent flottables.
d Lieux où la navigation commence.

Sous le rapport hydrographique, Chézy est richement partagé : des eaux vives surgissent abondamment dans la commune et sur l’étendue du territoire.
A commencer par les sources de l’intérieur, on trouve :
1° Celle dite du Couvent, la plus forte, fontaine couverte alimentant un abreuvoir bien entretenu ;
2° La fontaine située sur la place de l’église, alimentée par la source du Couvent. Elle forme bassin autour d’une colonne ornementée de sculptures ;
3° Celle de la Cour Rabbot, couverte, alimentant un lavoir couvert ;
4° La fontaine de la Rue du Gué, formant à sa sortie un lavoir et un réservoir ;
5° La source dite La Fontaine Rouge, formant un grand lavoir couvert
6° La Fontaine Jeanneton, proche de la précédente, servant aux usages domestiques ;
7° La Fontaine de la rue aux Leups, couverte et alimentant un lavoir.
Toutes ces eaux, en raison de la déclivité du terrain des extrémités au centre, se déversent dans une grande artère, couverte dans la traversée du village pour se prolonger à ciel ouvert sous le nom de rû de Chézy, vers le Nord, jusqu’au ruisseau dit rû de la Corvée, affluent du rû d’Allant.
Plusieurs autres sources existent dans des propriétés privées.
Les sources disséminées sur les différentes parties de la plaine et des bois sont :
1° La fontaine dite Vilpolin, très forte source formant abreuvoir pour les moutons et donnant naissance au rû de la Corvée, qui se jette dans le rû d’Allant après un parcours de 2 km.
2° La source de Pré à Loup, située au N.-O., à environ 600 m au-dessus du Moulin-Neuf.
3° Celle du Succet, faible, et dont les eaux se perdent dans un sol sablonneux, à peu de distance.
4° La fontaine de Fosse Moliebart dont les eaux se perdent dans la fosse de ce nom.
5° La fontaine de la Cronquette, dite fontaine de Vailly sur la carte de l’Etat-major, très forte, située à 1 km N.-O., formant à proximité un abreuvoir pour les troupeaux. Une partie de ses eaux est aménagée pour alimenter une fontaine et un abreuvoir au hameau de Vailly.
6° Une fontaine au hameau de la Briqueterie alimentant un lavoir.
7° Le hameau de Louvry possède une source très importante formant fontaine, abreuvoir et lavoir ; ressource précieuse pour les habitants de Saint Quentin, petite commune dépourvue d’eau potable.
On rencontre dans les bois communaux les sources suivantes :
Celle dite des Epeigniers, dans la partie du bois qui porte ce nom ; la fontaine du Vieux parc, la fontaine de la Plaine Carbon, celle de La Chapelle ou du Diable. Ces sources réunissent leurs eaux pour former le ruisseau appelé le Fossé de Montigny, qui traverse le hameau de Louvry.
Toutes ces sources, sauf celles dont les eaux se perdent, ont pour déversoir le rû d’Allant.
Il existait il n’y a pas encore bien longtemps dans la partie Ouest de Chézy, au lieu-dit la Maladrerie, une fontaine connue sous le nom de fontaine des Corbeaux, qui a été comblée par le propriétaire du terrain sur lequel elle était située, mais dont les eaux sourdent çà et là à quelque distance et qu’on pourrait réunir pour en former une nouvelle source.
La partie située entre le Sud et le S.-O. est totalement dépourvue de sources et de cours d’eau.
On trouve vers le S.-E. deux petites sources, la première, dite fontaine Berline, à 1 km 1/2, la deuxième, dite de Coussinet, à 2 km. Ces sources sont faibles, et leurs eaux se perdent dans un terrain perméable avant d’arriver au Clignon.

7. Les Marais : leur situation, leur superficie ; sont-ils en voie de dessèchement ?

Néant.

8. Les Bois et Forêts : leur superficie et leurs principales essences.

Les bois occupent une superficie d’environ 200 hectares, pas moins, presque tous d’un seul tenant, à l’extrémité N.-O. du territoire.
Ce sont des taillis sous futaie.
Comme futaie, l’essence presque exclusive est le chêne. On y rencontre çà et là quelques hêtres, bouleaux, merisiers.
Comme taillis, les essences dominantes sont, dans leur ordre d’importance, le chêne, le charme, le coudrier, le bouleau et le tremble.

9. Faune communale.

Mammifères. — Sanglier, chevreuil, renard, écureuil, lièvre, lapin, blaireau, belette, fouine, putois, loutre, hérisson, taupe, sans compter les rats et les souris.
Oiseaux. — Perdrix, caille, faisan, corbeau, pie, geai, loriot, grive, buse, épervier, hibou, tourterelle, ramier, coucou, merle, pic, moineau, pinson, alouette, bergeronnette, linot, rossignol, chardonneret, troglodyte, mésange, verdier, bouvreuil, tarin, rouge-gorge, fauvette.
Reptiles — Crapaud, grenouille, lézard, orvet, couleuvre.
Insectes. — Abeille, taon, guêpe, frelon, bourdon, carabe, coccinelle, hanneton, cantharide, forficule, fourmi, papillon, grillon, criquet, cloporte, scolopendre, blatte, punaise des champs, criocère, puceron, charançon, etc.

10. Flore communale.

Renoncule, véronique officinale, pâquerette, pissenlit, armoise, verveine, liseron, bardane, vipérine, bouillon blanc, lis des champs, thym, millepertuis, chélidoine, caille-lait, bourrache, orties de toutes couleurs, violette, arum, lysimaque, deux espèces de menthe, houblon, coquelicot, bluet, campanule, séné jaune et blanc, marguerite des prés, silène, différentes variétés de chardon, de trèfle, mouron, mélilot, plantain, oseille, mauve, réveil-matin, fumeterre, tanaisie, ciguë, colchique, géranium, camomille des champs, nielle, carotte, primevère, scabieuse, foirolle, achillée, séneçon, laiteron, morelle noire, herbe à cochon, jonc, réséda sauvage, lierre terrestre, chicorée sauvage, douce-amère, orpin brûlant, pied d’alouette, toutes les graminées de la zone entre le 40e et le 50e degrés de latitude : ivraie, chiendent, etc. — Dans les terres argilo-calcaires : tussilage, panais, mâche, une espèce de chicorée comestible.
Flore des bois. — Muguet, bruyère, pervenche, fraisier, centaurée, fougère, jusquiame, valériane, belladone, genet, ajonc, chèvrefeuille, genévrier, houx.

11. Chiffre de la population ; augmente-t-elle, ou diminue-t-elle ? A quelles causes faut-il attribuer ses changements ?

Le chiffre de la population, de 810 habitants qu’il était en 1801, se trouve réduit à 527, soit une diminution de près d’un tiers en 80 ans. Les recensements de 1801 à 1881 accusent une diminution à peu près progressive de la population.
Cette diminution a évidemment pour cause principale l’émigration de la jeunesse vers les centres. Il est à remarquer aussi que les familles nombreuses sont plus rares. Ainsi la localité compte aujourd’hui presque autant de feux qu’il y a cinquante ans et la moyenne des habitants par ménage n’est plus que de 527/200 = 2,7.

12. Nombre des mariages, naissances et décès dans les dernières années.

Pendant les années 1864 à 1874, il y a eu :

En Mariages Naissances Décès dont nourrissons
1864 8 13 19 2
1865 8 10 15 0
1866 6 17 11 1
1867 4 14 20 4
1868 9 17 12 1
1869 8 15 24 3
1870 3 16 22 0
1871 3 10 18 1
1872 4 16 19 1
1873 9 12 17 3
Totaux 62 140 177 16

Les dix dernières années donnent les chiffres suivants :

Mariages Naissances Décès dont nourrissons
1874 3 13 14 1
1875 3 18 16 1
1876 6 12 12 3
1877 7 15 12 1
1878 4 10 18 2
1879 4 3 8 0
1880 2 10 18 2
1881 8 7 7 0
1882 2 11 9 0
1883 0 8 17 4
Totaux 37 117 133 14

Soit une différence en moins de 25 mariages, 23 naissances, et 44 décès.

13. Particularités sur la constitution physique des habitants ; leur régime alimentaire ; leur longévité ; leur caractère ; leurs mœurs, leurs jeux, leurs usages, leur degré d’instruction.

La commune de Chézy, située sur le versant d’un plateau assez élevé, n’ayant dans ses environs ni usines, ni eaux stagnantes, se trouve dans d’excellentes conditions de salubrité. Les épidémies y sont rares et peu meurtrières, seul le choléra de 1832 y fit un assez grand nombre de victimes ; mais à cette époque, des mares infectes, aujourd’hui comblées, des flaques d’eaux croupissantes dans les rues, assainies présentement, ont sans nul doute servi au développement et à la propagation du fléau.
Les habitants, adonnés pour la plupart aux travaux agricoles, travaillent en plein air, sont généralement d’une constitution robuste : le rachitisme est pour ainsi dire inconnu dans le village, de même que les infirmités congénitales. En somme peu ou point de sujets contrefaits.
La durée de la vie, sans atteindre les limites extrêmes, peut être classée eu-dessus de la moyenne ordinaire : les octogénaires y sont assez nombreux, eu égard au chiffre de la population ; ainsi, dans l’année 1883, sur 17 décès inscrits sur les registres, y compris trois nourrissons, figurent les noms de six personnes de 80 à 90 ans.
L’alimentation, en tant que viandes, fruits, légumes, œufs, laitage, est tirée tout entière des produits du sol. La viande de porc et celle du lapin domestique entrent pour une partie notable dans la consommation. La boisson ordinaire se compose de vin et de cidre ; les vins proviennent partie du Midi, partie des coteaux de la Marne. Quant au cidre, outre celui de la récolte locale, on en consomme annuellement une assez grande quantité tirée de la Normandie.
Le caractère des habitants pris en masse, n’offre rien de saillant ; ils sont généralement économes, mais hospitaliers, et aiment assez les fêtes et les réjouissances publiques.
Les mœurs sont paisibles et assez régulières ; peu d’ivrognerie ; point de jeux constitués en sociétés, sauf une compagnie de chevaliers de l’arc. La danse, le billard, les cartes, sont les divertissements du dimanche.
Point d’usages particuliers à mentionner. Le langage se rapproche assez de la langue correcte ; quelques mots anciens de patois, d’autres altérés, une prononciation particulière de la dernière syllabe des mots donnant le son a et qu’on remplace par le o comme il est prononcé dans bord, c’est à peu près tout : ainsi tabac fait taboc, fait lo, chat fait chot.
Sous le rapport de l’instruction, la population peut être partagée en deux catégories distinctes : celle au-dessous de 40 ans, et celle au-dessus de cet âge ; dans cette dernière sont compris presque tous les illettrés ; non que le pays ait jamais été dépourvu d’écoles, et même de bonnes écoles, mais soit misère, soit insouciance, les habitants, pour une portion, dans la première partie du siècle, négligeaient d’envoyer leurs enfants aux écoles, principalement les filles. Néanmoins le nombre de ceux qui ne savent ni lire ni écrire est relativement peu considérable.