Il est difficile de bien différencier sur certaines périodes les activités liées à certaines professions puisque de nombreuses corporations se sont développées au fil du temps justifiant chacune leur spécialisation pour évoluer plus ou moins conjointement et soumises à des taxes différentes : brasseurs, marchands de cidre et de poiré, etc. N’ayant pas connaissance des distinctions à faire entre le cafetier (Profession de mon arrière-arrière grand-père maternel) et le limonadier (Profession de mon arrière-grand-père paternel) j’ai pu combler cette lacune par le biais de différents ouvrages sur des périodes différentes :

Les vinaigriers, moutardiers, distillateurs, limonadiers, cafetiers, marchands de vin, eau-de-vie et liqueurs, cabaretiers, formaient une corporation unique régie par les mêmes lois. Toutefois, il faut remarquer qu’elle ne reçut ses diverses appellations qu’à mesure qu’on découvrit les substances, bases principales de son commerce. On sait, en effet, que le thé, le café, le chocolat, les eaux-de-vie ne sont sont devenus d’un usage général que dans ces derniers siècles.
Les vinaigriers, les plus anciens membres de ce corps, reçurent leur premier mode d’organisation de Louis XII en 1514. Il leur avait attribué la distillation du vin et de l’eau-de-vie, d’où sortit une nouvelle branche de marchands, les distillateurs.
Henri IV, par ses lettres royales de 1606, accorda aux vinaigriers la fabrication exclusive et la vente des vinaigres, verjus, moutarde, vin, eau-de-vie et liqueurs. Les boutiques de ces débitants de liquides étaient loin de posséder en ce temps le lustre et la splendeur des somptueux salons de café qui se voient aujourd’hui le long de nos rues et sur nos places publiques. Leur commerce d’ailleurs ne pouvait avoir qu’une étroite extension, puisqu’ils connaissaient à peine la moitié des substances qui enrichissent les cafetiers de nos jours.
Le thé, le chocolat, le café ne commencèrent à s’introduire en France que vers le milieu du XVIIe siècle, le thé en 1636, le chocolat en 1650, le café en 1655.
Le premier salon à café fut ouvert en 1664, à Marseille. Soliman-Aga, ambassadeur turc, passe pour avoir porté à Paris la mode du café, mode qui du reste se répandit lentement dans les autre villes du royaume. Les mots café et cafetier ne se rencontrent pas encore dans les statuts donnés aux vinaigriers par Louis XIV en 1694. C’est seulement depuis le commencement du XIXe siècle que la vente du café a pris un développement si considérable que le nom de cafetiers a fait entièrement disparaître les noms primitifs de la corporation, vinaigriers-limonadiers, sous lesquels les débitants de liquides étaient généralement connus à l’époque même de la grande révolution. On en comptait à Rouen, en 1707, près de 200, qui par leurs droits de capitation produisaient une rente annuelle de 20,000 liv. pour le trésor royal.

Extrait de : Histoire des Anciennes corporations d’arts et métiers et des confréries religieuses de la capitale de Normandie par Ch. Ouin-Lacroix, G. Drouin – Lecointe frères, 1850.

Habit de vinaigrier

Au XVIIIe siècle les professions de limonadier et de cafetier étaient soumises à des tâches bien particulières :

LIMONADIER, s. m. [Sorbitiumcularum citrearum propola.] Celui qui fait & vend de la limonade, de la tisane, du Chocolat, du café, & de toutes sortes de liqueurs. Le limonadier ne vend, ni sucre, ni dragée, ni confitures, ni fromages, hormis du Parmesan. Les Épiciers à Paris font commerce de sucre; & les Confiseurs, de dragées & de confitures.
Extrait de : Dictionnaire de la langue françoise ancienne et moderne par Pierre Richelet – Imprimerie d’Aimé Delaroche, 1758.

CAFETIER, s.m [Caffæipropola] On prononce Caftié; c’est le marchand qui ne vend que du café en fève; car ceux qui en débitent à Paris, & qui l’apprêtent pour le boire, s’appellent Limonadiers. Cependant le peuple à Paris, est dans l’usage de nommer pareillement ceux-ci Cafetiers.
Extrait de : Dictionnaire de la langue françoise ancienne et moderne par Pierre Richelet – Pierre Bruysset-Ponthus, 1759.

Au XIXe siècle, en règle générale, le cafetier se chargeait de la torréfaction et de la mouture des grains de café et le limonadier s’attachait à l’élaboration de diverses substances consommables pour la dégustation ou pour le soin (Elixirs, sucs, baumes, crèmes, émulsions, huiles, sorbets, sirops, etc.). L’Art du limonadier recèle aussi bien la recette du ratafiat d’eau de noyau, que celle de la crème brûlée,  de l’eau de rose ou même celles de l’eau-de-vie de pois et du syrop pectoral.