ENTRE THOMAS SCARRON DE VAURE ET FRANÇOISE DIODÉE

[…] Un garçon de Paris, fils de Scarron de Vaure, intéressé aux gabelles, et beau-frère de M. de Villequier, aujourd’huy le mareschal d’Aumont, commandoit la galère de la Reyne, et revint en ce temps-là à Marseille d’un petit voyage. Dez qu’il eut veu cette fille, le voylà amoureux, luy qui l’avoit veue mille fois en sa vie, et tout aussy belle qu’elle estoit alors ; elle est bien faitte, hors qu’elle est trop grosse. Sur l’heure il luy parle d’amour et de mariage tout ensemble : elle l’escoute et elle l’accepte, elle qui s’en estoit mocquée deux mille fois et qui avoit été tesmoing qu’il n’avoit ny cœur ny esprit. Cela sembla d’autant plus étrange à Mademoiselle de Scudéry qu’elle luy en avoit ouy dire qu’un homme qui ne seroit pas gentilhomme eust furieusement de cœur pour luy plaire. Le père de Vaure (on appelle ainsy son espouseur) en a avis ; il envoye des défenses, car la demoiselle n’avoit point de bien. Nonobstant ces défenses, la mère et elle, car le père estoit mort, demandent permission d’espouser : on la leur refuse. Enfin, sous un faux donné-à-entendre, ils font aller leur curé chez M. d’Allemagne, qui loge de l’austre costé du port, et là, après qu’il leur eust refusé la bénédiction nuptiale qu’ils luy demandèrent à genoux, ils prirent acte par devant un notaire, qui étoit présent, comme ils se prenoient l’un l’autre à mary et femme ; et de là, ils furent, je ne sçay par quelle raison, consommer le mariage à un meschant village, dans une taverne.[…]

Extrait deRépertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille, 1906-1907

De l’union en 1647 de ce capitaine lieutenant et de cette dame d’honneur, femme savante, naquirent Joseph Hyacinthe et Théodore Geneviève parrain et marraine de mon ancêtre Joseph Hyacinthe LASSÉ né à Marigny en Orxois le 1er Janvier 1665.

Les intervenants de ma branche LASSÉ étaient pour l’essentiel vignerons et jardiniers, ils ont vécu et travaillé à Marigny en Orxois dans un contexte plutôt particulier puisqu’ils ont côtoyé quelques familles dont les plus connues sont DE LA FONTAINE et POISSON (Famille de la marquise de POMPADOUR).

À lire : « Les historiettes. Mémoires pour servir à l’histoire du XVIIe siècle » par Gédéon Tallemant des Réaux