Cette carte est complétée par la transcription de la monographie de la commune et paroisse d’Arconcey extraite du manuscrit de l’abbé Denizot rédigé à la fin du XIXe siècle.

Lieu-dit (Orthographe du cadastre pour les lieux non référencés par Google map)
Lieu-dit disparu (Aucun bâtiment lié – Position approximative)
Terrain, passage (Position approximative)

 

Chailly : commune, et paroisse — En latin Challiensis villa, Calleum, Calliacum, Caslium (Castium ?) Chasleium, en vieux françois Challeix, Challeum, Chailley, Chalex. (Prendre garde pour les noms latins, de confondre avec Cheilly (Saône-et-Loire))
— Autrefois, du bailliage et subdélégation d’Arnay-le-Duc ; du diocèse d’Autun, archidiaconé de Flavigny, archiprêtré de Pouilly. Aujourd’hui, du département de la Côte-d’Or, arrondissement de Beaune, canton de Pouilly-en-Auxois ; du diocèse de Dijon. — À 49 kilomètres de Dijon ; 46 de Beaune ; 6 de Pouilly et de la gare, sur la grande route de Nevers à Dijon par Saulieu et Pouilly.
L’origine du nom de Chailly est le celtique caill ou cal, qui veut dire bois ou forêt.
On a découvert les substructions d’habitations gallo-romaines, d’une villa sans doute, où ont été recueillies plusieurs médailles, et divers objets archéologiques. Au siècle dernier on voyait incrustée au mur du jardin de la cure une figure en relief, que l’on estimait être un mercure gaulois tenant un vase ou une bourse ; mais le peuple la regardait comme celle d’un saint.
Incontestablement Chailly est fort ancien, bien qu’on ne le trouve cité nommément, pour la première fois, qu’en 1180. En cette année Balduinus de Challex est témoin d’une donation faite a l’abbaye de La Bussière. En 1190, Sybille, dame de Caslis, bienfaitrice de la dite abbaye. Hugues de Chailly accorde des rentes aux religieux du Val-Croissant en 1228. Gauthier de Chailly, en 1254. Geoffroy de Chailly, chevalier, câtelain de Rouvres, 1354. Jean Batard de Chailly, chevalier, se trouva à la bataille de Rosebec en 1382, s’y distingua et fut récompensé par le duc. On ne trouve guères plus tard des seigneurs du nom. Il y en avait aussi en partie. – Pierre de S.t Beury en 1365. Jacques de Cortiambles rétrocéda la seigneurie à Jeanne de Mello, dame d’Epoisses, en 1378. Pâris de la Jaiste est dit seigneur en partie en 1403. Agnès de Bourbon, dame de Chailly, affranchit ce village en 1421. Parmi plusieurs motifs de cet acte de bienfaisance elle allègue celui-ci : la crainte qu’elle et ses prédécesseurs n’aient trop tiré de la main-morte. Cette dame fut la fondatrice des cordeliers réformés du donjon. Les de Loges ou de Loyges dès 1425 environ, par le mariage d’Agnès de Bourbon avec Guillaume de Loges. Ils possédèrent jusque sur la fin du XVIe siècle, alors que la seigneurie passa de Simon de Loges à Edon de Rochefort, marquis de La Boulouse, l’aliéna en 1664 au profit de Baudinet de Selorre et de Pierre Lenet, marquis de Sarrey, qui l’année suivante réunit toute la terre. Dès 1672 il la vendit à J.-B. Brunet, sécrétaire du roi. Puis Pierre Brunet président à la Chambre des comptes de Paris, dont la sœur la transmit, en 1745, par mariage à Charles du Tillet, comte de Serrigny, qui reprit de fief entre les mains du chancelier.
(Parmi les propriétaires forains, citons, en 1290, Aymonin de Tintry, damoiseau, et sa femme, qui font un traité avec l’abbé et le couvent de S.te-Marguerite, au sujet de la moitié du four de Chailly, à eux donné en aumône par Ponce de Charay.).
Chailly était en titre de baronnie. — Le château, rebâti sur la fin du XVIe siècle, est un bâtiment long et puissant, flanqué de deux tours et de deux tourelles. La façade qui était ornée jadis de bustes en médaillons, et de figures en bas relief d’un bon goût, a bien souffert.
— Paroisse très-ancienne ; vocable S.t Ursin. Ce Saint était un clerc, né à Crain dans l’Auxerrois, qui de temps immémorial est honoré à Chailly d’un très-grand culte, et même autrefois dans toute la contrée. Dans le Martyrologe de l’abbaye de Flavigny on le cite comme martyr et on a l’air de le considérer comme ayant souffert à Chailly même. (Voyez mon Hagiographie du Diocèse)
S.t Barthélémy a été le patron secondaire. — Il y avait un prieuré dans le cours du Moyen-Âge, qui appartient dans le principe à S.t-Etienne de Beaune ensuite à S.t-Bénigne de Dijon. La nomination de la cure fut d’abord au prieur, puis elle passa à l’Évêque.
Louis de Busseuil, curé en 1503. Sébastien Bulle, au XVIIIe siècle, laissa par testament ses meubles et ses livres à la cure. Ce bon pasteur, dont la mémoire fut en vénération long-temps dans le pays, fonda une place au séminaire de Besançon pour un de ses parents.
L’église actuelle est du XIVe siècle, avec des modifications et réparations des XVe et XVIe. Le collatéral Sud a été détruit ; le nord est resté, de sorte qu’il n’y a que deux nefs. On remarque deux verrières peintes du XVe s.. Il y a du même temps une croix monumentale dans le cimetière.
Chailly a toujours été un village assez important autrefois même relativement considérable. En 1397 la population était de 27 feux serfs solvables, et 8 misérables ; c’était à une époque où la plupart des localités souffraient et avaient souffert beaucoup de toutes sortes de fléaux. Vers 1770, il y avait 105 feux ; et, avec tous les écarts, 246 (600 communiants). Vers 1850 on y comptait, en tout aussi, environ 720 âmes ; et voici qu’en 1890 on en trouve 540 au plus.
Patrie de Philippe Colin (Alias Philibert.), seigneur de Chenault, né en 1507. La maison Colin était dans le heur du village ; de Alexandre Duprey, bénédictin, mort en 1745 ;- et de D. Machureau, bénédictin, mort vers 1750. (Ils ont chacun leur article propre). (Y est né aussi en 1859, E.-A. Lazare Résal, ingénieur des Ponts et Chaussées.)
Courtépée cite à la fin du XVIIIe siècle, comme anciennes familles, les Loydreau, Duprey, Bizouard, Berthelemy, Regnier, Buchillot, etc..
De vieille date Chailly avait déjà halles et foires. Au siècle dernier trois foires ; aujourd’hui quatre : 24 février, 22 avril, 2 juin, 10 octobre. Les anciennes statistiques indiquent tannerie, commerce en blé et moutons, etc.. Celles d’aujourd’hui citent quelquefois le commerce en laine.
Il y a un bureau de Bienfaisance. – Une école de filles.
— Les Ecarts ou Dépendances sont :
1° — Lantillières, (Lantilles), hameau, à près de trois kilom., au N.-O.. Les amateurs d’Etymologies ont dit, les uns, que ce nom vient du latin Lentica, Lentilles c’est-à-dire lieu où l’on cultive beaucoup cette plante ; les autres qu’il vient du celtique Nant, qui signifient sources ou fontaines, parce qu’elles ne sont pas rares en ces endroits, et alors qu’il faudrait plutôt dire Nantillères. — On a trouvé Guillaume de Lantillières, chevalier, en 1240, témoin dans une charte en faveur de S.t-Andoche de Saulieu. La population, vers 1397, était de 5 feux serfs solvables et 2 misérables. Vers 1770 on y en comptait 11.
2° — Sausseau, ou Sauceaux, ou La Saulceaul ; hameau, à plus de trois kilom., au S.-S.-O. sur la route de Pouilly à Saulieu. En 1396 il y avait une population de 3 feux serfs solvables et 2 misérables. Vers 1770, on y en comptait 11.
3° — La Borde (dite aussi anciennement La Borde-Château ; la Grange de Lantillères), petit hameau, au N.-O.-O., à deux kilom. aux XVIIe et XVIIIe siècles, fief noble à M: Canabelin, et à M. Pierre Fournier, son aïeul maternel, conseiller au parlement en 1674, qui fut inhumé dans l’église de Chailly en 1704. De l’ancien château il ne reste guères que les fossés, arrosés, dit Courtépée, par une fontaine excellente. L’eau superflue coule pendant cinq cents pas et disparait au pied d’un buisson, pour traverser, à ce qu’on prétend une partie de l’intérieur de la montagne et aider à former le ruisseau de Lantillères. Vers 1770 on comptait 12 feux. – Il y a une chapelle dédiée à S.te-Anne fondée par M. Pierre Fournier.
4° — La Bergerie, ferme à l’Ouest, à plus d’un kilom.
5° — Le Moulin ; — et la scierie Godard. — (Un troisième moulin a disparu en notre siècle.).
— Une chapelle de S.t Germain, vers un moulin n’existe plus depuis déjà long-temps, près de laquelle on a trouvé plusieurs tombeaux larges et couverts.
Le canton des Chaniots et le champ des Pommiers ont été, parait-il, habités autrefois.
— Le territoire, assez étendu, est un peu montagneux, et situé d’autre part pour une petite partie dans le vallon de l’Armançon. Il appartient géologiquement au Lias, et par son extrémité Ouest à l’étage inférieur de la série oolitique. Peu de bois ; presque pas de vignes ; des prés. (Courtépée se trompe en disant : beaucoup de bois ; car déjà à la fin du siècle dernier il y en avait guères.). Les terres labourables occupent donc presque tout. Bons fruits, les pommes surtout et les prunes. La rivière de l’Armançon limite le finage à l’Est ; deux petits ruisseaux venant de Sausseau et de Dionne se réunissent près du village pour aller se jeter dans cette rivière ; et on a, en outre, plusieurs fontaines ou sources isolées, parmi lesquelles celle de Quinceot qui sort d’un rocher avec bruit. — Rigole pour l’alimentation du canal qui passe à Chailly même et conduit l’eau dans le réservoir de Cercey.

Extrait de : Encyclopédie de la Côte-d’Or de l’abbé Denizot (Bibliothèque municipale de Dijon)