Il n’est pas rare qu’un nom de famille soit lié à un lieu-dit, un titre, un métier… Bien souvent, au fil des siècles ces noms évoluent vers des phonétiques approchantes. C’est en recherchant quelques informations relatives au nom de famille de ma branche COCUEL que j’ai découvert une signification plutôt inattendue dans le Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500).

Cuculus, en plus d’évoluer vers cocual, coucual a également donné cocuel, cucuel.

Le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW) de Walther VON WARTBURG, en français Dictionnaire étymologique français, fait état d’une incroyable multitude d’évolutions et de variantes de ce cuculus dans différents dialectes dont il serait difficile de faire le détail.

S’il est aux origines de cocu (mari trompé, fils unique, pissenlit, etc.) il se transforme également en coucou (oiseau, bernard l’hermite, coquelicot, horloge à poids, petite locomotive,…) en fonction des régions et des périodes.

Le cocuel, qui est donc un ancien terme pour qualifier le jeune coucou, n’a peut-être pas eu très bonne presse et j’ose croire que ce nom de famille n’est pas en relation avec les pratiques de certains oisillons de cette espèce assez diversifiée. En effet, le coucou est connu pour parasiter les nids d’autres oiseaux : il détruit un œuf sur une couvée quelconque qu’il remplace par un des siens. L’oisillon coucou, une fois sorti de l’œuf, s’emploie au nettoyage intégral du nid pour y demeurer seul occupant, et bénéficier ainsi, la plupart du temps, de l’exclusivité des rations jusqu’à ce que son imposant volume le contraigne à s’en extraire puisque les espèces parasitées sont souvent beaucoup plus petites.

Silene_flos_cuculi

Au vu de la multitude de significations du mot coucou il me plaît à espérer que le cocuel était donc une jeune et fraîche fleur de coucou ou lychnis!…