Orientée par Raoul Adrien Fréard du Castel dans son ouvrage : L’école du jardinier fleuriste (Edition de 1767), voici avec un peu de retard sur le printemps, un petit calendrier de jardinage ancien, illustré par quelques planches exhumées des serveurs de Gallica, de la New York Public Library,de Biu santé, etc. Le travail de mes ancêtres jardiniers s’avérant un peu trop étendu pour l’aborder dans son intégralité, j’ai préféré en limiter le développement au seul mois de…

MARS

On sarcle dans le Parterre des Tulypes qui ont achevé de lever pendant le mois dernier, & toutes les espèces de Jacinthes qui ont aussi achevé de lever depuis la mi-Février. On serfouit les Laitues, & tout ce qui en a besoin.
Jusqu’à la mi-Mars on peut planter des Groseillers, des Framboisiers, si on ne l’a pas fait dans le mois de Septembre. Ces Arbrisseaux apporteront des fruits dès la même année.
Dès la deuxième semaine de Mars on commence à faire une couche pour placer le chassis propre à élever des plantes étrangeres. Ce chassis est une espèce de petite loge formée par un chassis de verre, dans lequel on éléve quelques graines difficiles à élever, comme le Tricolor, l’Amarante, l’Amarantoïde, les Immortelles blanche & violette, les Oeillets de la Chine, les Balsamines, les Belles de nuit, &c.
On allongera la couche à côté de ce chassis : on n’y laissera que la place d’une nourrice, pour semer & élever des Melons, & des Concombres qu’on transplantera quand ils seront assez forts, vers la fin de ce mois, ou au commencement d’Avril.
On taillera dans ce mois, autant que l’on pourra, tous les Arbres fruitiers sans exception, soit qu’ils soient en espalier, en treille, ou en buisson.
On greffe des pieds d’Arbre en fente, ou en talut : ce que l’on peut continuer, jusqu’à-ce que l’on voye que les boutons des feuilles commencent à grossir.
On sème l’Oseille, l’Oignon, les Salsifix, les Scorsonnaires, les Bettes, Cardes, les Raves, le Cerfeuil, les Asperges.
On tire la mousse qui fait tort aux Arbres fruitiers.
On peut planter pendant tout le cours de ce mois, pourvu qu’il ne gêle point, toutes sortes de plantes vivaces, de Fleurs, ou d’Herbes Potageres. L’on peut donc planter toutes les bordures des Plattes-Bandes, & les Plattes-Bandes mêmes. Mais il n’est plus tems de planter aucuns oignons ni griffes de fleurs qui auroient pu s’être efforcés pendant l’hyver. On a dû faire cet ouvrage aux mois de Septembre & d’Octobre.
Lorsqu’on veut faire des planches d’Asperges, c’est en ce mois qu’on les dresse. Mais s’il s’en trouve dans le Jardin des années précédentes, on n’en plante plus : elles reviendront tous les ans pendant plus de quarante ans de suite.
Comme on a dû couvrir avant l’hyver ces planches d’Asperges de petit fumier, ou de gros terreau; c’est en ce mois qu’on refouit le tout ensemble, en enfonçant le fumier dans la terre. On y séme après ce que l’on veut. Ordinairement c’est de la graine d’Oignon rouge ou blanc.
Si une partie des Chervis ont resté après l’hyver, on en prendra des plus grosses racines pour manger, & on replantera les plus petites pour grossir. On en fait, si l’on veut, des bordures sur le bord des allées du Potager. Ces bordures sont propres, parce que les plantes ne sont pas grandes : mais aussi elles ne grossissent pas si vite; il faut attendre deux ou trois années au moins pour les tirer.
Il faut profiter de quelques jours de pluie, s’il en fait, pour planter des Porreaux à monter à graine, des Oignons, des Choux, des Salsifix, des Bettes-Raves, des Bettes-Cardes, des Panais, des Carrottes, &c. On plante aussi des gousses d’Ail pour grossir ou pour avoir de la Roquambole.
C’est à la mi-Mars qu’on met dehors à l’ombre, les pots de plantes qui ont été resserrées avant les gelées, pour les préparer à soutenir le grand air. On n’y met pas les pots ou les caisses où il y a des Arbrisseaux, qui seront laissés dans la Serre jusqu’à la mi-Mai.
On séme des Pois, des Lentilles, de la Coriandre, de la Capucine jusqu’à la fin de ce mois, & même au mois d’Avril.
Si les Choux de Milan qu’on a transplantés avant l’hyver sont assez grands, on les transplante.
Vers la fin de ce mois, on met en place toutes les plantes de fleurs annuelles qui avoient été transplantées avant l’hyver en pépiniere. S’il gêle, on remet cet ouvrage au mois d’Avril.
Pour les salades, on peut encore se servir de Raiponses jusqu’à la fin de ce mois. On doit avoir des Laitues pommées après la Saint Joseph; il faut y regarder.
Tous les arbres, soit en espalier ou en treille étant taillés, il faut se mettre à tailler les Vignes de toutes sortes de Raisins de quelque espèce qu’il soit.
Pour les Pavots & les Coquelicots, on prépare de petites fosses dans les Plattes-Bandes, aux endroits où on en juge à propos de les mettre. On y transporte de petites touffes de ces plantes, comme nous avons dit, sur une béche, lequelles on a tirées des endroits où il y en avoit trop. C’est ainsi qu’on peut faire venir toutes les plantes délicates aux endroits où l’on veut qu’elles viennent, sans endommager leur racine, en les transplantant à l’ordinaire : car il est très dangereux de toucher au pivot de la racine de ces plantes. On fait cet ouvrage à la fin de Mars, ou au commencement d’Avril, toujours en tems de pluie autant qu’il se pourra.
S’il faisoit de fortes gelées, ou des gelées après des pluies fréquentes, au temps que les arbres qui craignent les gelées sont en fleur, il faut les couvrir de vieux draps ou nappes pendant qu’il gêle, cette précaution assurera les fruits : il en périroit beaucoup si on ne la prenoit pas. L’Amandier commence à fleurir à la fin de Mars. Quelque temps après l’Abricotier fleurit, & il ne reste que quinze jours en fleur. Vers la N. Dame de Mars les Pêchers fleurissent aussi, & les Pruniers avancés commencent à paroitre dans les derniers jours de ce mois.
Si l’on n’a pas commencé à ratisser les Allées du Jardin, il faut y travailler, & fouir celles qui sont trop pleines d’herbes à sarcler; car il faut pour bien faire qu’un Jardin soit tenu proprement avant la fin du Carême.

Les Fleurs

JacinthesLE JACINTHE BLEU POLYANTE, est ainsi nommé, parce que la même tige porte plusieurs fleurs, & quelquefois jusqu’au nombre de quatre-vingt; elles sont presque aussi grosses que celles des Passetout. Le Jacinthe bleu polyanthe se nomme en Latin, Hyacinthus Orientalis, brevi calice Polyantos. Ce grand nombre de Fleurs dont la tige est chargée, le fait distinguer dans un Parterre.
LE JACINTHE BLEU CENDRÉ, ou couleur de Porcelaine, n’est pas si brillant, ni si garni de Fleurs que le Polyante; cependant quand on les mêlange, on n’en voit la différence que de près. Celui-ci se nomme en Latin Hyacinthus Orientalis Flore cinerei coloris.

AnémonesLES ANEMONES DOUBLES sont les plus belles, les plus variées, & les plus estimées de toutes les Fleurs : tout le monde les connoit, & en convient. Leur nom est toujours Anemone en Grec, en Latin, & en François, & en plusieurs autres Langues. Leurs racines font des Pattes, dont les plus gros morceaux se séparent, & on peut en tirer des Cuisses qui en multiplient l’espèce. Mais il faut remarquer qu’au bout de dix ans, plus ou moins, quelques-unes de leurs espèces dégénérent. Les pattes ne donnent plus de Fleurs aussi belles, fort souvent elles se pourrissent au bout d’un certain temps, & il faut les renouveller.

Voici en général un abrégé de toutes les qualités qui doivent se rencontrer dans une belle Anemone.
La Fanne, ou la feuille que pousse la tige, doit être relevée, & bien découpée. La tige doit être forte & se tenir droite & ferme, le coloris doit en être brillant ou bisare, bien nuancé, velouté ou panaché; sans que le Manteau (c’est-à-dire les grandes feuilles ou petales de la fleur) soit enyvré ou affecté d’une certaine d’une certaine couleur de lie de vin qui déplait. La Culotte, qui est le dessous du manteau contre la queue de la Fleur, étant d’une couleur différente de celle du bout des feuilles, fait espérer que la Fleur sera plus belle l’année suivante.
La Pluche qui est l’assemblage des petites feuilles qui remplissent le milieu de la Fleur, doit être arrondie comme une calotte, car c’est un défaut dans une Anemone lorsqu’elle est applatie. Il ne faut cependant pas que cette pluche excède le haut du manteau; mais au contraire le manteau doit excéder un tant soit peu la pluche. Les petites feuilles dont cette pluche est formée, & qui ont de la ressemblance avec des becs d’oiseaux, se nomment les Bequillons, lesquels ne doivent pas être trop pointus, ni terminés en trefle; c’est un défaut.
Les grandes feuilles qui forment le manteau, ne doivent pas non plus être pointues, mais arrondies, & border la pluche bien en rond. On appelle Chardon l’Anemone dont les bequillons sont courts & si étroits qu’ils paroissent comme une frange. On n’en fait aucun cas.
Les petites feuilles qu’on trouve entre la pluche & le manteau, forment ce qu’on appelle le cordon de l’Anemone. Si ce cordon est panaché, la Fleurs est plus estimée : mais si au lieu de petites feuilles, ce cordon est formé de petites graines, cela se nomme un cordon de graines, qui fait craindre que cette Fleur, qui peut être belle, ne change dans peu, & ne dégénére. Il y a pourtant de très-belles Anemones, dont les couleurs, quoiqu’elles ayent un cordon de graines, ne changent qu’après plusieurs années.
Pour faire une belle Anemone, il faut que le manteau soit d’une couleur, le cordon d’une autre, le tour de la pluche, contre le manteau, d’un beau velouté, & le milieu de cette pluche de quelque belle couleur brillante; d’un beau verd, par exemple. Cette Fleur d’ailleurs doit être supportée par une tige assez forte pour la bien soutenir, & la présenter commodément à la vuë sans y toucher. Ce sera alors une belle Fleur, & tous les Spectateurs en seront charmés. Si les Anemones sont d’un beau velouté cramoisi, elles seront plus recherchées que celles qui auroient des couleurs plus brillantes. Celles qui tirent sur le bleu, quoiqu’un peu violet, sont encore rares & estimées.[…]

Couronne impérialeLA COURONNE IMPERIALE. M. Morin l’appelle aussi Lis Royal, en Latin, Corona Imperialis. C’est une belle Plante, qui a de la majesté; mais la plus puante de toutes les Fleurs. On ne peut pas même en approcher : on est contraint de la planter à l’écart pour ne la pas sentir : sa racine est un oignon, dont l’odeur est encore plus mauvaise que celle de la Plante. Cet oignon est plus gros que le poing fermé, & n’a pas d’écaille comme ceux des Lys, il est entiérement charnu & solide. Il a un trou dans son milieu, dont il est presque traversé. C’est dans ce trou que la tige croit dans le mois de Mars. Elle vient très

promptement , à la hauteur de deux ou trois pieds, & pousse sa Fleur à la fin de ce mois, ou au commencement d’Avril : elle dure fort peu, car dans quinze jours les fleurs, & même les feuilles, commencent à se faner, & sont aussi-tôt dévorées par les limaçons, qui rongent la tige, de façon qu’il n’en reste que très peu dans le mois de Mai; encore faut-il supposer qu’il ne vienne pas de gelée au commencement d’Avril : si le contraire arrive, la Fleur se pourrit. Il y a des gelées assez fortes pour empêcher même la tige de monter, & alors elle ne fleurit pas.

Couronne impérialeCette Fleur représente une Couronne composée de cinq ou six Tulipes renversées, & d’un rouge orangé, approchant de la couleur des écrevisses cuites. Chacune de ces Tulipes a six gouttes d’eau au fond de la Fleur qui font comme six petites perles très-brillantes. Si ces perles paroissoient au dehors, la Fleur auroit tout-à-fait l’air d’une couronne. Ces Fleurs assemblées sont surmontées d’un bouquet de feuilles pointues qui sont le dernier fleuron de la Couronne, & donnent à la Plante un air majestueux. Il y a une autre Couronne Impériale beaucoup plus belle que la commune que nous venons de

décrire; elle porte un double rang de Fleurs; on l’appelle en Latin Corona Imperialis duplici Coronâ. On dit qu’il y a de ces Fleurs qui sont jaunes, qu’on nomme en Latin Corona Imperialis Flore pulchre luteo. D’autres qu’on dit n’avoir aucune mauvaise odeur, Corona Imperialis non fœtens. Je ne connois point ces especes : je crois qu’elles sont rares.

Les vivaces

PrimevèreLES PRIMEVERES, ou Paralyses, en Latin Primula veris umbellata, major, caule & flore, coccinea. Elles ne portent leur tige que de quatre & cinq pouces de hauteur, & elles font un joli effet en bordure au mois de Mars, parce que chaque pied fait un bouquet. Il en paroit quelques-unes dès le mois de Février, quand le temps le permet; mais c’est au mois de Mars que cette Plante est belle. Les Primeveres de Constantinople sont les plus rares & les plus prisées de ces espèces de fleurs. Celles-ci se nomment en Latin Primula veris Constantinopolitana, flore ferrugineo. On la nomme ainsi parce que lefond de ses couleurs est

de la couleur de la rouille de fer.
On ne prise pas les Primeveres de couleur soufre, tant celles qui sont doubles que les simples; cette Plante ne brille pas tant employée en bordure. Les Primeveres panachées sont plus estimées, parce qu’elles hyvernent sur les bords des Plattes-Bandes.

HépatiqueLES HÉPATIQUES DOUBLES qui n’ont pas commencé de fleurir en Février, même dès le mois de Janvier, fleurissent au plus tard en ce mois. Les fleurs sont des plus communes, leurs feuilles découpées en trois, sont vertes pendant toute l’année. La fleur est petite, d’une belle couleur de pourpre presque clair très-vif, mais elle pâlit & commence à passer au bout de quelques jours. C’est une espèce de Renoncule, comme la phrase Latine l’annonce, Ranunculus tridentatus vernus, flore pleno carneo. La fleur est passée quand la feuille vient au mois d’Avril. Cette feuille singuliere fait toujours remarquer la Plante : elle ne sèche que quand l’hyver approche.

Il y a aussi une espèce d’Hépatique bleue, dont la couleur est vive, mais pas tant que celle de la rouge, cette autre se nomme en Latin Ranunculus tridentatus, flore pleno cæruleo. Elle est trois semaines à fleurir après la rouge, Les pluyes lui sont contraires, & souvent la font périr.

Marguerite rougeLES MARGUERITES ROUGES HOUPÉES sont de petites fleurs d’un beau rouge cramoisi qui font un effet charmant en bordure, parce que ce rouges est éclatant, en Latin Bellis hortensis, flore pleno. Il y en a qui ont deux fleurs l’une sur l’autre, celles-là s’appellent en Latin Bellis caule bipedali nudo, foliis-que magnis latis, floribus rubris & albis quæ fuit alpina. Mais les plus jolies sont celles qui portent plusieurs fleurs sur la tige, lesquelles se terminent en ombelle; en voici la phrase, Bellis nova, suave rubens, umbellifera Belgarum. Toutes ces espèces font de jolies fleurs : mais celles qui sont les plus apparentes dans les bordures, sont

les premières qu’on a décrites. On les voit avec plaisir dans les mois de Mars, Avril & Mai.

Plantes moins estimées

OmphalodèsL’OMPHALODES est une Plante qu’un Auteur a citée parmi les belles fleurs, & qui ne l’est cependant point, en Latin on la nomme Omphalodès pumila, simplici folio : elle croit depuis le commencement de Mars jusqu’au premier jour d’Avril. Ses feuilles sont faites comme celles de la Consoude, elles sont petites, avec des queues un peu longues. Ses fleurs sont d’un très beau bleu clair à cinq feuilles. On en feroit des gazons qui auroient encore de l’apparence par la grande quantité de ces petites fleurs. Sa graine est faite comme un nombril, c’est pourquoi elle porte le nom d’Omphalodès qui est un mot Grec.

PulmonaireLA PULMONAIRE, en Latin Pulmonaria. Ses feuilles sont marquées de petites taches blanches : elle a des fleurs qui ont une assez jolie apparence. Il y en a une partie de rouges & une partie de bleues. On s’en sert dans la Pulmonie : elle fleurit en Mars & Avril.

 

 

ChristophorianeLA CHRISTOPHORIANE, ou HERBE DE SAINT CHRISTOPHE. Christophoriana vulgaris nostras, racemosa & ramosa. Elle donne une fleur en grappe composée d’autres petites fleurs disposées en Rose, & quatre peites feuilles blanches, & cette grappe n’est pas plus grosse que celle du Treffle blanc qui croit dans les prez. La tige n’a que sept à huit pouces de hauteur, & les feuilles sont au bout des branches découpées comme celles du Sellery, & recoquillées en dedans. Elle commence à fleurir en Mars, & finit en Avril. Cette fleur a de la peine à venir en pleine terre, & sa graine est difficile à élever. Cette fleur

n’est pas assez belle, quoiqu’en disent certains Fleuristes, pour être mises au rang des fleurs dont on fait le plus de cas. Ce que cette plante a de plus curieux est une petite grappe de bayes d’un beau cramoisi qui renferment la graine, & paroissent dans le mois de Juin : elle ne meurit qu’à la fin de Juillet.

LA PRIMEVERE DOUBLE. Primula veris flore viridi, duplici. Quoique ses fleurs  soient doubles, il s’en faut bien qu’elle soit estimée comme celle de Constantinople que nous avons décrit, & qui donne une fleur, fort simple. Les autres simples même sont estimées davantage que celles-ci qui sont doubles. Ces fleurs sont d’un jaune citron verd, à peu près de même couleur de celles qui viennent si abondamment sur les fossés, & qui se nomment en Latin, Primula veris flore viridante & albo simplici. Cependant quelques personnes en font cas, parce qu’elles sont doubles.

PrimevèresLA PRIMEVERE A DEUX TETES, est plus jolie que la précédente. Sa couleur est d’un cramoisi clair, mais qui ne brille pas comme la Paralyse dont les fleurs sont en bouquet d’une belle couleur. Le nom que celle-ci a dans Tournefort est, Primula veris, flore geminato, inodoro.

 

 

 

Plantes de la campagne qui portent des fleurs qui se font remarquer

NarcisseOn voit dans les prez le NARCISSE JAUNE DOUBLE, qu’on appelle le Porrion. C’est un gros Narcisse jaune pâle qui n’a pas une odeur gracieuse. Le simple de celui-ci est encore plus commun, & se nomme en latin, Narcissus flavus, angusti-folius, magno calice. C’est celui que M. de Sercy, & après lui M. Morin, appellent la Clochette, ou Narcisse bâtard. Le Narcisse jaune d’Alger, différent de celui-ci, est décrit dans les fleurs de Parterre.
Il y a aussi dans les bois de gros Narcisses blancs mêlés de jaune, qu’on nomme également Porrions, & que M. Liger nomme Cou de

Chameau. Ils sont bien doubles, & très remplis de grandes feuilles blanches avec d’autres petites d’un jaune doré. Ceux-ci se nomment en Latin, Narcissus albus, medio luteus, copioso flore odore gravi. Il y en a un autre qui est le simple de celui-ci, lequel est encore bien commun dans les bois; en Latin, Narcissus pallidus, circulo luteo. C’est celui qu’on nomme Narcisse de Mathiole.[…]